La nuit je peins
Philippe Godin - LA DIAGONALE DE L’ART

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LA DIAGONALE DE L’ART – LIBÉRATION
Philippe Guodin

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Gérard PILLET
Adjoint à la Culture de la ville de Melun

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Merci de nous séduire grâce à cette magnifique exposition. Votre travail admirable sur la transparence est un enchantement. « Liberté d’Horizons » le titre de cette exposition nous renseigne sur votre inspiration créatrice. Vous dîtes que la création, chez vous, est un besoin vital, son absence est un manque. Vous construisez vos toiles petit à petit comme pour vous en imprégner. Votre travail sur la couleur très diluée met en valeur ces transparences si magiques. On s’émerveille devant vos toiles. La poésie qui s’en dégage émeut, bouleverse. On ne peut être indifférent, on s’interroge, on tente d’en percer le mystère. Vous prétendez oublier la technique pour maîtriser votre art. Peintures, sculptures, installations ne font qu’un. Elles se fondent, se superposent, c’est votre liberté d’artiste. Votre travail interpelle quel que soit votre moyen d’expression. Vous avez su créer un monde fabuleux en évoluant des paysages urbains vers ces horizons fuyants qui nous invitent à aller au-delà. Votre art est paradoxal. Vos œuvres sont à la fois abstraites et d’un réalisme troublant à travers notre imaginaire. On les pénètre, on les lit comme un poème, l’œil pétille, on s’en imprègne, on s’en évade. C’est un voyage immobile dans le subtile. Le clair-obscur que vous créez nous fait passer des ténèbres à la lumière, il nous fait vivre une expérience sensorielle originale. On entre dans le rêve.

Le beau ne se décrète pas, il se sublime.

Hervé Sixte-Bourbon
Courlac, le 28 février 2019

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La peinture de Prisca Temporal, jeune peintre française et d’origine italienne, est une nouveauté riche d’avenir. Disons-le immédiatement: cette peinture délivre nos yeux du regard.

             Qu’est-ce à dire? C’est vouloir dire que sa peinture est une impuissance sans ambiguïté à nous faire croire que l’art n’a pas de mission. Les toiles aux couleurs balayées par sa patience et sa technique, pleines de lumière ciselées par ce jeu subtil des « coulées » très appliquées du sommet à la base, des bruyants rochers de cet espace balayés par ses toiles comme des vents, correspondent à ce jeu de mains très précis de l’artiste et pourraient bien déchaîner en nous la rage de l’incompréhension, si nous ne tentions d’en comprendre tout le sens. Elle qui soulève la couleur comme on soulève les flots, cet artiste submergeant et engloutissant nos navires et repères esthétiques, dispersant çà et là nos idées et notre conception de l’art célébré, nous offre enfin sa vision du monde…

            Car Prisca Temporal ne peint pas comme beaucoup d’autres et pourtant elle est peintre presque « premier ». C’est là l’ambiguïté particulière de son art qui nous permet de nous asseoir à la table des dieux. Ce peintre pousse ses couleurs vers un autre rivage, avec cette technique proche de flots amoncelés. Et, enfin, elle accentue ce caractère peu abordable par des couleurs qui en sont les vagues, âme de son océan toujours dans l’élan, et par sa pensée comme  par son esthétique celles aussi d’une main qui brille.

            Ayant accepté d’écrire quelques mots sur le travail de Prisca, redoutant cet exercice, j’ai alors  entassé dans ma mémoire, à la fois nos conversations, notre amitié naissante, et ses documents visuels.

            Encore une fois,  ses œuvres ne m’ont plus jamais quitté depuis, au point de m’avoir mis sur des sentiers merveilleux plus que périlleux, sentiers parcourus gaiement comme des débauches d’aurore et de lumière, mais aussi convaincu par la force du destin.

            Prisca Temporal pourrait peindre partout je crois. Dans un bois solitaire, dans un vallon toscan, en ville impérieuse de modernité…Mais ce peintre ne pourrait s’arrêter de peindre. C’est là, ce que certains incultes ne peuvent comprendre de ce destin à la fois tragique et heureux, car Prisca ne peut se dérober à son propre regard, ni détourner la tête de cette tragédie et pourtant aussi vécue comme une si suprême jouissance. A la paroi même de la lumière et des couleurs, Prisca s’accrocherait encore et toujours.

            Je crois que le gris du temps n’est pas sa couleur préférée. Prisca Temporal lui tient tête.

             C’est là sa plus grande dignité et son plus grand talent. Elle aime la lumière, et ses peintures en sont l’espace tout entier qui conduit au bonheur, à son bonheur et à notre bonheur.

            Comme si l’on pouvait s’y croire à l’abri…

            La peinture de Prisca Temporal me fait l’effet d’un grand calice.

Isabelle Lefort
Galerie Mondapart

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Prisca Temporal travaille la peinture a minima, une abstraction douce de prime abord, sensible et délicate. Dans un deuxième temps elle nous laisse apercevoir la puissance d’un océan de vagues, de vibrations nous laissant cois, sans voix. L’artiste peint dans une position de déséquilibre, elle se met en danger pour retrouver cet équilibre déclencheur d’émotion chez le regardeur.

La palette de couleurs timide de Prisca Temporal sait s’affirmer. Devant une toile de l’artiste on est saisi d’une émotion si intense qu’elle nous étonne. Allers et retours des yeux sur une ligne d’horizon qui peut ne pas en être une. Allers et retours pour de nouveaux voyages intérieurs.

Prisca Temporal nous donne à ressentir l’immensité du mystère que la peinture, parfois, nous offre.

La luminescence de la peinture de Prisca Temporal naît des pigments intégrés à ses jus. La nuit l’œuvre sait révéler un autre visage.

Prisca Temporal s’est alliée à Arnaud Lehoux pour imaginer à partir des œuvres de l’artiste des volumes plus ou moins colorés, plus ou moins éclairés. Leurs travaux à quatre mains s’offrent d’autres espaces et font raisonner les tableaux.

Michel Berthelot
Directeur Centre d'Art, Melun

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Nombre de vos peintures, si insensiblement posées sur la toile, si poétiquement à la limite de la perception …  m’évoquent un de mes compositeurs « fétiche ». Anton Webern. Certes sa musique n’aura jamais la faveur de l’audience ! C’est une perle poétique de l’histoire de l’Histoire de la Musique. Et aussi une référence de l’un de mes maîtres à vivre la musique, disparu l’an passé, Pierre Boulez.

Votre peinture a ces résonnances imperceptibles qui ne se donnent qu’à ceux qui savent écouter les échos de nos impressions secrètes.

Et donc, merci pour votre exposition, qui me donne à croire en notre nécessité d’être.